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[Portrait de slasheur•se•s] Formatrice en informatique et cheffe à domicile

Temps de lecture : 4 minutes
[Portrait de slasheur•se•s] Formatrice en informatique et cheffe à domicile

En 2018, Claire Sanchez a créé ses deux entreprises, devenant ainsi formatrice en informatique et cheffe traiteur à domicile. Elle a entre-temps écrit un livre sur son parcours de vie (« Je suis une slasheuse », aux éditions Dunod) et connu ses premières péripéties entrepreneuriales.


Sommaire
Slasheur.se : travailleur nouvelle génération qui cumule les activité professionnelles non par nécessité mais par volonté de s’épanouir dans différents domaines ou compétences* Chaque trimestre, nous nous penchons sur le parcours d’un ou d’une slasheur.se qui nous raconte sa vie quotidienne de polyactif.ve. 

UAE : Dans votre livre, vous expliquez vous organiser entre les lundis, mercredis et vendredis (formatrice) et les mardis et jeudis (cheffe traiteur) en vous adaptant aux demandes de prestations pour votre activité de cuisine : est-ce toujours ce fonctionnement qui prévaut aujourd’hui ?

Claire Sanchez : Mon organisation a été bouleversée récemment, puisque j’ai renoncé à mon activité de traiteur. Mais je n’abandonne ni la cuisine, que je vais continuer en tant que bénévole, ni l’écriture : d’où l’idée d’articuler ma semaine de formatrice du lundi au jeudi, le vendredi restant dédié à mes autres projets. 

Au-delà de l’articulation des jours au sein d’une semaine, c’est la notion de cadre qui me semble fondamentale : si j’ai désormais changé d’activité, la forme reste la même avec un temps bien précis dédié à chacune d’entre elles. C’est ce que m’ont appris ces 4 ans de slashing : quelles que soient les activités exercées, la structuration doit rester au centre du jeu.

« Je crois que le syndrome de l’imposteur varie selon les activités et l’expérience, mais qu’il diminue par l’action, par apprentissage empirique »

UAE : Le syndrome de l’imposteur, que vous mentionnez régulièrement dans le livre, a-t-il désormais totalement disparu ?

C. S. : Pas du tout ! Je pense que je ne m’en libérerai jamais totalement.. 

Je vois le syndrôme de l’imposteur comme assez protéiforme, comme en témoignent ces deux exemples : dans mon activité de traiteur, il m’était difficile d’assumer le rôle de cheffe, dans lequel je ne me sentais pas à ma place. J’ai réalisé après avoir finalement mis un terme à cette activité que le contexte dans lequel je m’étais lancée (sans entraînement en tant que salariée et avec peu d’expérience professionnelle) avait pu engendrer ce sentiment d’illégitimité.

A l’inverse, lorsque l’on m’a demandé d’animer des formations informatiques en visioconférence, je me suis vue adopter la bonne posture dans un contexte de « distanciel », alors que j’en sentais incapable.

Je crois que le syndrome de l’imposteur varie selon les activités et l’expérience, mais qu’il diminue par l’action, par apprentissage empirique : je fais des tests et je corrige lorsque cela s’avère nécessaire. Dans le cas de la cuisine, la seule solution que j’ai trouvée aujourd’hui est de reprendre la restauration en tant que bénévole, avec le regard bienveillant du système associatif et non l’attente des clients. 

Et puis, j’utilise encore le « Kaizen », la méthode des petits pas1 que j’estime toujours être un bon moyen de lutter contre ses propres freins. Grâce à cette méthode, on passe d’un Everest dans le lointain horizon d’un mois à une petite colline à gravir dans la journée : pour moi, cela revêt la forme de prises de notes, de tableaux sur Notion2 ou plus simplement de to-do lists. J’utilise également toujours les cartes heuristiques lors de la définition d’un projet. 

UAE  : En conclusion de votre livre, le message que vous portez est la recherche de l’équilibre et de l’épanouissement personnel : 4 ans après le lancement de vos activités, qu’en est-il de cette recherche ?

C.S. : Je tire un bilan positif de cette longue période, évidemment bouleversée par la pandémie et, de fait, un contexte économique compliqué. En mettant fin à mon activité de traiteur - une décision difficile - j’ai pu me confronter à ma propre vision de l’échec, à mettre en regard avec le prisme français, parfois très radical : à quel point un projet qui n’aboutit pas est une perte de temps ou une manière d’acquérir de l’expérience pour mieux rebondir ? 

Et puis j’ai pu m’interroger en profondeur sur le format du slashing, qui reste pour moi et à ce jour le meilleur compromis pour garder un champs des possibles ouvert : je suis persuadée que, si la polyactivité n’est pas faite pour tout le monde, elle me permet de m’épanouir dans mes phases cycliques de création et de garder un cadre fixe propice au fonctionnement de mon cerveau (Claire se définit dans son livre comme multipotentielle3, ndlr) et à mon organisation personnelle d’indépendante et de mère. Un idéal pour se renouveler par l’action et ne plus « rêver ma vie !

🗄 Le lexique contenu dans cet article


1Kaizen ou méthode des petits pas : amélioration, changement en douceur, par des petites actions quotidiennes. La régularité et le durable priment sur la révolution brutale. * 

2notion.so : idéateur intégrant prise de notes, bases de données, tableaux Kanban, wikis, calendrier et rappels.

3Multipotentialité : capacité et préférence d’une personne d’exceller dans plus de deux champs différents. 

* Définition tirée du livre de Claire Sanchez, « Je suis une slasheuse », Dunod, 2021

9782100817481 001 X
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