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[PORTRAIT D'AUTO-ENTREPRENEUR]« Ce qui me fait vibrer, c'est être sur les routes »

Temps de lecture : 5 minutes
[PORTRAIT D'AUTO-ENTREPRENEUR]« Ce qui me fait vibrer, c'est être sur les routes »

Charly sillonne plusieurs départements français avec des ateliers itinérants de menuiserie. Elle nous parle de son activité, ses projets pour le futur et son rapport à l'itinérance.


Sommaire

Comment t'est venue l'idée de créer ton entreprise Ambul'en Bois ?

Ce projet s'est nourri de la somme de mes expériences, en tant qu'animatrice, voyageuse puis médiatrice lors d'une mission en Méditerranée. Par l'intermédiaire de la menuiserie, j'ai découvert que la richesse de mon artisanat pouvait me permettre de continuer à vivre de l'animation, en partageant mes connaissances auprès du public tout en gardant une forme de mobilité.

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L'idée plus précise est venue lorsque j'ai réalisé un service civique auprès du Boat Project (initié par le Beit Project), qui m'a amené à naviguer en voilier sur la mer Méditerranée pour rencontrer des collégiens et lycéens de villes portuaires de Tunisie, d'Algérie, de France ou d'Espagne et parler de leur rapport aux préjugés sur les modes de vie dans cette grande région. Cette expérience m'a conduit à candidater auprès de l'Institut de l'Engagement, qui m'a apportée une aide juridique, créative et financière.

Je pouvais alors lancer le projet, de l'achat d'une remorque aménagée à l'adaptation de mon camion en atelier et lieu de vie pour l'itinérance, en passant par le démarchage des premiers lieux d'intervention.

En quoi consiste ton activité au quotidien ? A la semaine ?

Lorsque je suis en itinérance, une grande partie de mon temps est consacrée au démarchage, c'est à dire la recherche de lieux où déployer mon activité et avertir les publics privés et institutionnels de mon arrivée ; l'objectif étant de pouvoir animer un maximum d'ateliers autour de la menuiserie, me rendre sur les marchés, faire fabriquer des objets, jeux, meubles et d'autres réalisations de tout type aux enfants et aux adultes. Le blocage principal, c'est que ma structure peut être perçue comme associative, et je dois alors expliquer pourquoi mes interventions ne sont pas gratuites. Mais les demandes de subventions trouvent de moins en moins de réponses, ce qui complique la donne.

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A la semaine, je partage donc mon temps entre mes journées de prospection (envoi d'emails, prises de contacts téléphoniques, rendez-vous pour présenter le projet), les ateliers et interventions sur le terrain et le travail administratif et comptable, que je place généralement en début de semaine.

Les ateliers et les interventions sont fonction des demandes que je reçois, de la transmission auprès d'un public en EHPAD à la construction de nichoirs avec des enfants, en passant par la réalisation d'une bibliothèque pour le troc de livres avec une structure associative. J'accompagne aussi les initiatives individuelles, pour des gens qui souhaitent aboutir des projets de jardinière, de tables, de banquettes, voire de travaux d'intérieurs. Les demandes sont très variées !

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Pourquoi as-tu fait le choix de l'auto-entreprise ?

Par simplicité et facilité. Il est dur dans un premier temps de s'y retrouver dans le choix des structures juridiques, entre l'entreprise individuelle ou la société, le réel ou la récupération de la TVA. J'ai opté pour l'auto-entreprise car je travaillais seule, et que je voulais voir comment mon activité allait fonctionner.

Aujourd'hui se pose la question des plafonds, mais surtout celle de la TVA que je ne récupère pas, notamment au niveau de la quincaillerie, qui est un poste de dépense important. Je réfléchis donc à la suite de mon projet, également au niveau juridique. Il n'y a en revanche aucun soucis de perception de ce régime au niveau de mes clients.

Quels sont tes projets pour le futur ?

Au niveau de ma structure, j'envisage donc d'évoluer vers l'entreprise individuelle au régime réel, qui serait plus avantageux pour la récupération de la TVA notamment. Je réfléchis aussi à mes secteurs d'intervention géographiques, que j'articule actuellement entre le Maine-et-Loire, la Mayenne et les Hautes-Pyrénées. Le fait de repasser par une région permet de revoir des personnes et des structures, en espaçant les visites pour s'adapter aux plannings logistiques et financiers de mes clients.

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J'aimerais enfin développer le Team Building et explorer l'artisanat comme outil pédagogique : sur un plan de « développement personnel », le travail de ses mains permet d'apprendre par l'erreur, gagner en confiance en soi et développer le collectif dans l'apprentissage du « travailler ensemble ». Il est possible d'aborder de nombreux sujets par le prisme de la menuiserie.

Quelles difficultés as-tu rencontrées lors de la création de ton entreprise ?

Il est difficile dans un premier temps de s'y retrouver au niveau technique, dans la compréhension de la sémantique entrepreneuriale et dans les choix administratifs (assurance, statut, inscription, etc.), d'autant plus qu'il s'agit d'être sur tous les fronts : s'immatriculer, démarcher, créer un réseau, aménager, communiquer, prospecter... J'ai lancé mon activité en septembre 2023, mais je me suis aperçu en janvier qu'il me restait des aménagements à réaliser (sur le camion et la remorque) et que je devais donc y consacrer du temps.

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Cela m'a néanmoins permis de réaliser que je n'étais pas seule ! Entre mon entourage familial - qui m'a aidé à créer l'ergonomie dont j'ai besoin au quotidien dans le camion - et des personnes rencontrées qui m'ont apporté du bois de récupération, des outils voire des dons, l'aide est constante et chaleureuse. Sans compter le soutien des amis et des réseaux professionnels : j'ai la chance de faire partie de deux programmes de mentorat (via le Moovjee et l'Institut de l'Engagement), qui m'accompagnent par exemple dans l'élaboration de grilles tarifaires, de rédactionnels spécifiques ou plus simplement la prise de recul sur l'évolution de mon activité.

La question de l'apport financier a aussi pu être un frein, vite balayé par des ateliers gratuits et des aides obtenues via les organismes institutionnels et les concours. Cela m'a permis de réaliser les investissements dont j'avais alors besoin.

Pourquoi avoir fait le choix de l'itinérance dans ton activité professionnelle ?

C'est sur les routes que j'ai le plus appris, entre un temps de vie aux Etats-Unis et un voyage en sac à dos en Amérique du Sud (de l'Amérique Centrale jusqu'au Brésil). Je crois que la classe n'était pas adaptée à mon type d'apprentissage, et que le savoir-faire et le savoir-être peuvent pour moi ne s'apprendre que dans le mouvement. L'itinérance me permet d'aller plus loin dans les rencontres avec de nouvelles personnes, les échanges, la curiosité. Ce qui me fait vibrer, c'est être sur les routes.

Que conseillerais-tu aux futurs auto-entrepreneurs qui souhaitent exercer en itinérance ?

D'accepter son besoin personnel d'être en mouvement, pour commencer ! Et de bien préparer ses déplacements, car plus un territoire est vaste et complexe, plus l'itinérance demandera du démarchage et des rencontres des mois en amont. Mais même si cette préparation demande beaucoup d'énergie à déployer, il est gratifiant d'en voir vite deux récompenses : la richesse apportée dans le travail au quotidien et l'évolution de son activité.

Retrouvez les actualités, les ateliers et les interventions d'Ambul'en Bois sur sa page Facebook !

Crédit photos et vidéo : Charly Defoy


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