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Le régime de l'auto-entrepreneur fête ses 15 ans

Temps de lecture : 3 minutes
Le régime de l'auto-entrepreneur fête ses 15 ans

« 3 500 créateurs par jour » : ce régime était vraiment une bonne idée ! Mais il a fallu apprendre a le promouvoir et le défendre ». C'est avec ces mots de François Hurel, président de l'UAE*, que s'ouvrait le jeudi 7 mars la journée d'anniversaire célébrant les 15 ans de l’UAE au théâtre Mogador, à Paris. Retour sur cette journée et ses nombreuses interventions.


Sommaire

« Un phénomène pas près de s'arrêter »

A l'occasion de temps d'échange, 3 tables rondes et une intervention d'Olivia Grégoire**, cet anniversaire était l'occasion de s'arrêter sur l'évolution structurelle du monde du travail observée depuis deux décennies par les intervenants des débats : « avec le régime de l'auto-entrepreneuriat, c'est la possibilité pour celles et ceux qui le souhaitent de mettre fin à une relation de subordination juridique, ce qui permet de répondre l'une des questions du travailleur du 21e siècle : quel contrat de travail me permet d'être libre et de viser l'autonomie ? », lance Denis Maillard, fondateur du cabinet de conseil en relations sociales Temps Commun. Une appétence qui ne se dément plus, selon François Hurel ; « les auto-entrepreneurs représentent désormais 12% de la population active. Et le phénomène n'est pas près de s'arrêter, comme le montrent régulièrement les statistiques de l'INSEE » : l'institut statistique observait en effet une hausse des créations de +3% en 2023, après une hausse en 2022.

L'auto-entrepreneuriat, un nouvel outil au service d'un nouveau monde du travail ? « Ce qui était atypique il y a 10 ans rentre désormais dans la norme, constate Fabienne Broucaret, rédactrice en chef du groupe CDI Médias (Rebondir, Courrier Cadres, l'Officiel de la Franchise) : les profils multi-activités, le slashing*** ou les reconversions professionnelles tardives sont de plus en plus fréquentes. ». « Et une nouvelle norme au service d'une quête de sens, vers l'épanouissement, à cheval entre le monde du travail « classique » et de nouveaux schémas », complète Denis Maillard.

« Le futur que mérite le régime ? Une place indépendante »

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Table ronde durant la journée

Pour autant, le régime doit encore être protégé, notent les membres des organismes associatifs et syndicaux : « historiquement, les syndicats défendent les travailleurs et les employeurs, or l'auto-entrepreneuriat n'est ni l'un ni l'autre. Qui peut réaliser le trait d'union en terme de représentativité ? », questionne François Hurel. Face aux plateformes de désintermédiation (de chauffeurs, livreurs et coursiers notamment), par exemple : « ces plateformes abiment le régime en demandant à leurs prestataires de se lancer en indépendant, pour mieux assoir leur prédation sociale par la dépendance qu'elles installent », analyse Stéphane Chevet, ancien secrétaire national à la CFDT, « à l'inverse d'un socle universel souhaitable qui favoriserait le choix de leurs clients, pour encourager la liberté. ». « La liberté n'est pas garantie tant qu'il subsiste une subordination hiérarchique », note Denis Maillard.

C'est cette même liberté qui est, selon lui, le coeur de la recherche des auto-entrepreneurs : « l'espérance de vie a augmenté depuis le début du siècle et, par voie de fait, les heures disponibles pour travailler. Pour autant, la société française est passée 40% du temps consacré au travail à 13% aujourd'hui. A l'inverse du dogme chrétien, la notion de "bonheur différé" à un au-delà ou, plus prosaïquement, à l'âge de la retraite, n'est plus acceptable pour les générations de travailleurs actuelles. ». La ministre Olivia Grégoire** conclut cette journée d'anniversaire en complétant l'analyse : « les nouvelles appétences des indépendants français ? La liberté, le risque et de nouvelles manières de travailler, dans la flexibilité et la simplicité. Je souhaite au régime de l'auto-entrepreneur le futur qu'il mérite : une place indépendante dans le paysage économique. ».

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L'équipe de l'UAE

* François Hurel est président de l'Union des Auto-Entrepreneurs
** Olivia Grégoire est ministre déléguée auprès du ministre de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique, chargée des Entreprises, du Tourisme et de la Consommation
*** Le slashing est le cumul de plusieurs emplois, plusieurs activités, parfois sous différentes formes (salariat, indépendance, intérim, artiste...)
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