Union des Micro-Entrepreneur
Auto-Entrepreneurs

Paroles de Jeunes

« Écoutons ce que les jeunes ont à nous dire car il nous faudra les accompagner dans la formidable révolution du travail en cours »

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Une étude de l’Union des Auto-Entrepreneurs
Avec le soutien de la Fondation Le Roch-Les Mousquetaires
Préfacée par Éric Debarbieux
Professeur en Sciences de l’Éducation, Université Paris Est Créteil

PRÉFACE

Halte à la juvénophobie !

Il y a bien des manières d’enfermer la jeunesse dans des stéréotypes qui la dévalorise.  En ce qui concerne le travail bien évidemment c’est un portrait en roi-fainéant qui en est dressé. A preuve ce sondage Ipsos pour le Monde (2011) : selon 53% des Français les jeunes seraient paresseux.  Je ressens un agacement profond à chaque fois que, pour briller en société et faire penseur profond, on prétend découvrir la sentence que Platon prête à Socrate : « Les jeunes d’aujourd’hui aiment le luxe, méprisent l’autorité et bavardent au lieu de travailler ». De l’antiquité aux temps présents la même complainte ? Apparemment oui si l’on en croit cet autre sondage (BVA, 2015) 74% des Français jugent que « les enfants d’aujourd’hui sont en général moins bien élevés qu’à l’époque où ils étaient eux-mêmes enfants ». Il y a deux lectures possibles à cette litanie : d’une part la sempiternelle croyance au c’était-mieux-avant ou d’autre part l’ironie immobiliste du « rien de nouveau sous le soleil ». D’un côté une jeunesse qui signe la décadence de nos sociétés, d’un autre côté un avenir sans invention, comme si tout était déjà joué dans une guerre inévitable des générations ou les jeunes d’aujourd’hui seront les vieux grincheux de demain.

Les études et le sondage réalisés ou commandités par l’Union des Auto-Entrepreneurs démontrent que si paresse il y a, elle se trouve dans cette junévophobie facile, et non chez les jeunes interrogés. Bien sûr il est vrai que « la jeunesse n’est qu’un mot » et que ces résultats montrent des lignes de fracture, qui se traduisent par des choix de vie, et sans doute des choix politiques multiples.

Il n’empêche que les jeunes interrogés peuvent bien être sans illusions, et savoir la fin de « l’emploi à vie » qu’ils ne sollicitent d’ailleurs guère (80% souhaitent avoir plusieurs employeurs ou plusieurs emplois dans leur vie et la fonction publique n’attire que 10% des répondants). Mais ils ont compris l’importance du rebond, malgré la précarité, de l’entreprendre et de l’engagement (une étude de France Bénévolat a montré qu’entre 2010 et 2013 l’engagement des moins de 15/35 ans dans le bénévolat a augmenté de 32%, contre 12% tous âges confondus !). Egoïstes ? Hédonistes ? Ou plus simplement prêts à se bagarrer pour un bonheur réaliste ? Prêts à se bagarrer pour la protection sociale qu’ils estiment due à chacun, prêts pour un travail autonome (d’où le succès du statut d’autoentrepreneur), un travail où le niveau d’épanouissement personnel est aussi sollicité que le niveau de rémunération. Démotivés ? certainement pas ! Mais plus lucides et plus exigeants. Exigeants vis-à-vis de l’entreprise à qui ils réclament une adaptation aux nouveaux modes de travail, exigeants vis-à-vis de notre société où l’équité des droits sociaux apparaît une valeur de base.  Réinventer le travail ? Et non pas le fuir… voici « leur » travail, mais aussi le nôtre.

Eric Debarbieux

Professeur en Sciences de l’Education Université Paris Est Créteil

 

INTRODUCTION

Les dernières années ont indiscutablement révélé la permanence d’un chômage endémique particulièrement chez les plus jeunes de nos concitoyens.

Même si la France n’a pas atteint le niveau record de certains pays européens, cette situation est devenue si symptomatique qu’elle pourrait s’apparenter à une forme de blocage de l’accès à l’emploi, révélatrice désormais d’un découragement de nos jeunes.

Parallèlement, avec l’émergence d’une demande de nouveaux services et des plateformes collaboratives, force est de constater que le travail indépendant ouvre des perspectives nouvelles d’activité auxquelles les jeunes accordent une attention particulière.

L’Union des Auto-Entrepreneurs (UAE) a souhaité aller plus loin pour réellement comprendre le regard porté par les jeunes sur le travail. Une étude quantitative a été réalisée et une vingtaine d’entretiens ont permis d’étayer et de préciser les points de vue mais surtout de mieux appréhender les ressorts, motivations et analyses des jeunes sur le travail.

Vivons-nous l’époque d’un désenchantement, l’époque d’une génération réellement instable, quel rapport ont-ils à l’entreprise, quelle forme de travail est plébiscitée, comment les jeunes envisagent leur parcours professionnel ?

Autant de questions qui ont été débattues dans le cadre d’une parole libre.

Ils ont tous les profils, ils ont tous les âges, ils ont des niveaux de formation divers. Comment comprennent-ils leur avenir ?

Bonne lecture, au travail, la parole est aux jeunes.

François Hurel

Président de l’Union des Auto-Entrepreneurs