Union des Micro-Entrepreneur
Auto-Entrepreneurs

Les Français prêts à investir dans l’économie locale

François Hurel, président de l’Union des Auto-Entrepreneurs, propose de créer un compte épargne de proximité pour financer les petites entreprises.

Les Français sont prêts à investir dans des entreprises installées dans leur ville ou leur département. Selon une enquête réalisée par OpinionWay pour l’Union des Auto-Entrepreneurs et la Fondation Le Roch-Les Mousquetaires, 88 % des Français souhaiteraient investir leur épargne dans la vie économique locale. 66 % privilégient le financement des petites sociétés employant moins de 20 salariés.

Ils ­affirment vouloir le faire régulièrement puisque 84 % des personnes disposant d’un revenu annuel supérieur à 42 000 euros et 85 % de celles ayant un patrimoine financier supérieur à 105 000 euros se disent prêtes à investir tous les ans dans l’épargne de proximité.

«La majeure partie des entreprises se crée sur des investissements relativement modestes. La création est l’affaire des “petits” qui rencontrent des problèmes de financement, soit pour démarrer, soit pour se développer. Je propose de mobiliser les épargnants pour financer ces petits projets en créant un compte épargne de proximité ou livret E distribué par les banquiers», explique François Hurel, président de l’Union des Auto-Entrepreneurs qui a joué un rôle clé dans la création du régime de l’autoentrepreneur.

Ce nouveau livret E pourrait bénéficier à un grand nombre de nouveaux entrepreneurs : 80 % des 230.000 entreprises créées en 2009 ont en effet démarré avec moins de 7500 euros d’investissement. Les autres ont mobilisé en moyenne 20.000 euros.

Un véritable potentiel de développement

«Ce projet suscite une véritable adhésion chez plusieurs responsables ­économiques de l’Indre et du Cher, affirme Wladimir d’Ormesson, secrétaire général de l’association Berry Développement.

Si les réseaux bancaires, les chambres de commerce, les syndicats, les responsables patronaux pouvaient s’unir dans un an pour mettre en place cette épargne de proximité, nous aurions un véritable potentiel de développement qui unirait toutes les forces berrichonnes.» Des chefs d’entreprise et des élus de la région de Vannes (Morbihan) soutiennent également cette initiative.

« Les gens ont envie d’aider l’économie locale. Des projets ne trouvent pas de financement aujourd’hui alors que chacun a envie de participer au développement de son coin. Les grands-parents ont envie de financer l’emploi de demain de leurs petits-fils. Les autoentrepreneurs sont un vivier de personnes dont certaines veulent devenir entrepreneurs. L’épargne de proximité leur permettra de le faire», observe Maryvonne Le Roch-Nocera, administratrice de la Fondation Le Roch-Les Mousquetaires.

Des banques s’intéressent à ce projet. Elles étudient comment le mettre en place. «Les fonds seront gérés par des banques locales ou mutualistes. Un avantage fiscal sur un impôt perçu par la commune ou le département sera proposé aux épargnants. Des structures locales ­comprenant des banquiers, des entrepreneurs, des élus, des responsables syndicaux et des experts choisiront les projets locaux auxquels des prêts seront accordés», précise François Hurel. Malgré toutes les garanties qui seront prises, le risque ne sera pas totalement absent pour l’épargnant. Mais, selon François Hurel, le taux de remboursement sera sans doute supérieur à 90 %.

Source : Le Figaro économie – par Yann  Le Galès – le 11 juillet 2011

Interview de François Hurel

invité de l’émission Good Morning Business – lundi 11 juillet 2011 

Pour écouter l’interview cliquez ici 

ou sur BFM Business