Union des Micro-Entrepreneur
Auto-Entrepreneurs

Auto-entrepreneur : un régime à protéger et à ouvrir aux entreprises pour exprimer son potentiel de création d’activités

Communiqué de Presse – Paris le 3 décembre 2015.

Observatoire de l’Union des Auto-Entrepreneurs et de la Fondation Le Roch-Les Mousquetaires, réalisé par Opinion Way

Au cœur des débats sur les mutations du travail, l’intégration du travail collaboratif et l’évolution du travail indépendant, l’Observatoire de l’Auto-entrepreneur propose pour la première fois un regard croisé entre auto-entrepreneurs, français et dirigeants d’entreprises sur leur perception de ce statut, ses principales évolutions, les freins et les moteurs de sa croissance future.

Un régime en phase avec les mutations du travail et de l’économie

Terre AELes auto-entrepreneurs sont devenus des acteurs économiques majeurs : 19% des français et 27% des dirigeants d’entreprises ont déjà fait appel à eux. Et ces derniers sont 68% à affirmer que le recours à des auto-entrepreneurs par les entreprises va se développer à l’avenir.

L’auto-entrepreneuriat semble s’inscrire dans des tendances fortes de l’évolution des modes de travail en France.

Le désir de créer son entreprise tout d’abord, qui est pour les auto-entrepreneurs la motivation principale. Pour 52% d’entre eux, la raison d’être de leur projet est « de faire en sorte qu’il soit un succès et progresse » (52% vs 45% en 2014) avant de « se dégager un revenu minimum au moins égal au SMIC » (48% vs 55% en 2014). Pour 46%, la volonté d’avoir plus d’indépendance est citée en tête des objectifs, devant des motivations plus matérielles : sortir du chômage (30%) ou compléter un contrat à temps partiel (17%). Les français partagent cette analyse : pour 83% le développement des auto-entrepreneurs montre que les français ont de plus en plus le goût d’entreprendre, pour 71% c’est une des réponses au problème du chômage et pour 66% elle favorise la diminution du travail illégal en France.

Autre tendance marquante, la co-existence entre plusieurs activités. L’auto-entrepreneuriat en est l’un des moyens privilégiés, qu’il se positionne en tant qu’activité principale (le cas pour 14% des auto-entrepreneurs, +7 points par rapport à 2014) ou secondaire (47% des auto-entrepreneurs, +1 point par rapport à 2014). Dans ce dernier cas, le cumul se fait pour 43% d’entre eux avec le salariat (36% dans le secteur privé, 7% dans le secteur public).

Enfin et surtout, le développement de l’économie numérique et collaborative s’appuie de plus en plus sur l’auto-entrepreneur via notamment les plateformes de mise en relation. 52% des auto-entrepreneurs pensent que son développement va accroître leur nombre et 68% des dirigeants que le recours à un indépendant ou un auto-entrepreneur va se développer à l’avenir.

« S’il y a plus d’un million d’auto-entrepreneurs aujourd’hui, c’est que le régime répond à un double mouvement de l’économie française : l’essor d’une volonté d’indépendance et d’entrepreneuriat mais aussi l’avènement de l’économie numérique et collaborative dont le développement nécessite des contributeurs indépendants » analyse François Hurel, président de l’Union des Auto-Entrepreneurs.

Protéger et favoriser le développement de ces nouveaux indépendants

Malgré ce succès, plusieurs freins ressortent de l’enquête. Le risque de requalification en salaire déguisé continue de peser sur les entreprises qui ont recours à un auto-entrepreneur. Ce risque est de plus en plus élevé, puisque 30% des auto-entrepreneurs interrogés ont un client qui représente 50% ou plus de leur CA (vs. 14% en 2014). Dans le même temps, il freine certainement le recours aux auto-entrepreneurs par les entreprises car 66% des dirigeants considèrent ce risque comme important et 1 dirigeant sur 2 ferait davantage appel à eux si ce risque disparaissait.

Pour l’auto-entrepreneur, une équité apportée au régime en matière de protections  le rendrait plus attractif et supprimerait un risque de précarisation redouté par 68% des français. Parmi les freins qu’ils évoquent : le manque de couverture sociale (81%), la difficulté d’obtenir un prêt bancaire (80%), l’incertitude de savoir combien exactement vous gagnerez à la fin du mois (76%), la difficulté de louer un logement (67%), ou encore la difficulté d’ouvrir un compte bancaire (55%).

Une convergence des protections sociales entre salariés et indépendants (chômage, retraite) qui ferait l’unanimité parmi les auto-entrepreneurs (qui sont 81% à l’appeler de leurs vœux), le grand public (83%) et –plus étonnant peut être- les entreprises, donneurs d’ordre (83%). Cette mise en équivalence impliquerait la convergence des systèmes de retraite mais surtout la mise en place d’une indemnisation en cas de perte subite d’activité. Cette mesure suscite l’adhésion de 84% des auto-entrepreneurs , 82% de l’ensemble des français, 89% des donneurs d’ordre. Elle accroîtrait l’attractivité du régime et pourrait également solutionner le problème de la requalification.
Pour François Hurel : « La pérennité du régime est désormais acquise mais il faut donner les moyens aux auto-entrepreneurs de se développer en leur offrant une protection sociale équivalente à celle des salariés, notamment en cas de perte subite d’activité. Cela faciliterait leur vie quotidienne (accès au logement ou au crédit) et supprimerait le risque de requalification. En ouvrant ainsi les portes de l’entreprise aux auto-entrepreneurs, c’est un potentiel d’un million de nouveaux travailleurs indépendants ou d’autoentrepreneurs».

Le travail en réseau, particulièrement pratiqué par les travailleurs du numérique, est également un axe de développement de l’auto entrepreneuriat : un auto-entrepreneur sur 3 (32%) estime qu’il pourrait avoir besoin d’activités complémentaires.

« Le travail en réseau est rendu nécessaire par l’économie collaborative et numérique. Les auto-entrepreneurs n’ont pas encore ce réflexe car il n’existe pas à l’heure actuelle de mécanisme adapté. Autoriser un dépassement du seuil de CA pour ceux qui travaillent en réseau, leur permettre de répondre collectivement à des appels d’offre sont autant de pistes à explorer » explique Monique Sentey, Déléguée générale de l’Union des Auto-Entrepreneurs.

Auto-entrepreneurs : les tendances 2015

Il n’y a pas un portrait-type de l’auto-entrepreneur 2015 et ce statut recouvre des réalités variées en termes d’âge et de sexe, de secteur d’activité, de temps de travail ou de chiffre d’affaires.
Néanmoins, des tendances semblent se dégager. Les auto-entrepreneurs travaillent majoritairement dans le secteur des services (pour 64% d’entre eux, dont 25% dans les services aux entreprises et 39% aux particuliers) et pour 20% dans le commerce.

Ils comptent davantage de femmes que les autres types d’entrepreneurs (41% de femmes, 59% d’hommes). Les modes d’exercice sont multiples mais, pour plus d’un auto-entrepreneur sur 2 (53%), l’auto-entreprise est la principale ou la seule activité.

Enfin, Ils y consacrent en moyenne 26 heures par semaine, mais avec là aussi, une amplitude importante. 32% y consacrent moins de 14 heures par semaine, tandis que 30% y consacrent plus de 35 heures par semaine. Cette catégorie est en hausse de 9%, ce qui semble manifester le développement du volume d’activité d’un nombre significatif d’auto-entrepreneurs.

Découvrez les trois enquêtes de l’Observatoire de l’Auto-entrepreneur :

 

Pour toute information :

Isabelle Mauriac – imauriac@imedia-conseil.fr

Elodie Jamet – ejamet@imedia-conseil.fr

01 43 38 75 35 – 06 27 70 71 60

 

 

À propos de l’UAE

Organisation reconnue par les Pouvoirs Publics, l’UAE a pour mission de promouvoir et de défendre le régime de l’auto-entrepreneur et d’accompagner ces derniers tout au long de leur projet, de l’installation au développement.

L’UAE assure gratuitement la diffusion des connaissances en mettant à la disposition de tous les auto-entrepreneurs une série d’informations et de services proposés par plusieurs partenaires (CCI France, APCE, CIC, CSOEC, RAM, SAGE) via son site web (www.union-auto-entrepreneurs.com) et également via ses actions d’information et de proximité en région.

Inspiration à poursuivre sur : http://www.union-auto-entrepreneurs.com/qui-sommes-nous

 

À propos de la Fondation Le Roch-Les Mousquetaires

Reconnue d’utilité publique depuis près de 10 ans, la Fondation Le Roch-Les Mousquetaires mobilise les énergies et les ressources en accompagnant des projets audacieux aux enjeux économiques et sociétaux majeurs :

– Encourager et développer l’esprit d’entreprendre : Soutenir les projets les plus dynamiques, synonymes de développement économique des territoires est un enjeu central de la Fondation. A ce titre, elle soutient l’UAE et accompagne les auto-entrepreneurs les plus motivés dans leur développement avec le « Prix Audace ». Parallèlement, elle est aux côtés des jeunes créateurs d’entreprises qui ont besoin d’aide pour démarrer leurs activités. Tel est l’esprit des prix « Coup de Pouce Le Roch-Les Mousquetaires » qui récompense les meilleurs business plans dans le cadre de concours organisés en collaboration avec les grandes écoles (HEC Entrepreneurs, Mines/Centrale Nantes, EDHEC Lille…)

– Promouvoir l’engagement humain en matière de santé, d’esprit civique et de solidarité : la Fondation soutient plusieurs équipes de recherche médicale de l’Institut Pasteur pour la sécurité alimentaire. D’autre part, elle contribue à la lutte contre l’épilepsie et l’immunothérapie pour vaincre les maladies du sang. Enfin, la Fondation participe aux actions des stations de sauvetage en mer (SNSM).

Retrouvez l’ensemble de ses actions sur : http://www.fondationleroch-lesmousquetaires.org/

 

Méthodologie de l’Observatoire de l’Auto-Entrepreneur         

L’étude « Auto-entrepreneurs » a été réalisée du 16 au 19 novembre 2015 auprès d’un échantillon de 605 auto-entrepreneurs.

L’étude « Grand public » a été réalisée du 18 au 19 novembre 2015 auprès d’un échantillon de 1026 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 et plus.

L’étude “Dirigeants” a été réalisée du 16 au 19 novembre 2015 auprès d’un échantillon de 405 dirigeants d’entreprises de 0 salarié et plus.

Toute publication totale ou partielle doit impérativement rappeler la méthodologie et utiliser la mention complète suivante :

« Observatoire de l’Auto-entrepreneur réalisé par OpinionWay pour l’Union des Auto- Entrepreneurs et la Fondation Le Roch-Les Mousquetaires ».